{"id":17,"date":"2016-12-06T15:32:10","date_gmt":"2016-12-06T14:32:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/?p=17"},"modified":"2016-12-08T21:48:08","modified_gmt":"2016-12-08T20:48:08","slug":"remarques-sur-la-creation-terminologique-en-breton-steve-hewitt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/2016\/12\/06\/remarques-sur-la-creation-terminologique-en-breton-steve-hewitt\/","title":{"rendered":"Remarques sur la cr\u00e9ation terminologique en breton (Steve Hewitt)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\">Le texte ici propos\u00e9 a \u00e9t\u00e9 le support d&rsquo;une intervention de Steve Hewitt, universitaire am\u00e9ricain sp\u00e9cialiste du tr\u00e9gorrois, lors du colloque N\u00e9ologie et terminologie des langues minoritaires d\u2019Europe atlantique \u00e0 Sant-Brieg en septembre 2003. Partant d&rsquo;une critique de la cr\u00e9ation n\u00e9ologique actuelle dans le breton standard, il formule le constat implacable \u00ab\u00a0d\u2019un mouvement linguistique qui se trouve largement coup\u00e9 de la communaut\u00e9 qui parle la langue pour laquelle il se bat\u00a0\u00bb. Parmi les recommandations pertinentes qu&rsquo;il \u00e9num\u00e8re \u00e0 la fin de son texte, on trouve notamment celle-ci : \u00ab\u00a0Susciter un large d\u00e9bat sur le type de breton souhait\u00e9\u00a0\u00bb. La cr\u00e9ation de ce blog est une r\u00e9ponse \u00e0 ce voeu.<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">********************<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Remarques sur la cr\u00e9ation terminologique en breton<\/strong><br \/>\nSteve Hewitt<\/p>\n<p><strong>Le probl\u00e8me<\/strong><br \/>\nLe d\u00e9ficit lexical moderne en breton spontan\u00e9 est ind\u00e9niable. En situation informelle, ce d\u00e9ficit est combl\u00e9 en empruntant librement au fran\u00e7ais, avec des r\u00e9sultats allant de quelques emprunts occasionnels bien int\u00e9gr\u00e9s dans le syst\u00e8me phonologique et morphologique, jusqu\u2019\u00e0 un style de breton tellement truff\u00e9 de mots et de phrases enti\u00e8res en fran\u00e7ais qu\u2019on ne sait plus tr\u00e8s bien comment le qualifier, et dont personne ne voudrait s\u00e9rieusement pour des besoins formels. Exemple relev\u00e9 par Gurvan Musset de Radio Breizh-Isel : <em>Ar skor ne reflet ked physionomi ar match<\/em>. \u201cLe score ne refl\u00e8te pas la physionomie du match.\u201d Autre exemple de Fa\u00f1ch Broudig interviewant un maire tr\u00e9gorois (tout-\u00e0-fait vraisemblable sinon authentique) :<br \/>\n\u2013 <em>Penaos \u2019ma\u00f1 kont ama\u00f1 bah ho parros ?<\/em> \u201cComment \u00e7a va ici dans votre commune ?\u201d<br \/>\n\u2013 \u2019M\u2019en parlez pas ! Toutes les subventions <em>h-a direkamant<\/em> sur le bord de mer ! \u201cNe m\u2019en parlez pas ! Toutes les subventions vont directement sur la c\u00f4te !\u201d<br \/>\nR\u00e9ponse plus normale :<br \/>\n\u2013 <em>Ro peuc\u2019h din ! Toud ar ssubventiono\u00f9 h-a direkamant da vord ar mor !<\/em><br \/>\nR\u00e9ponse plut\u00f4t soutenu :<br \/>\n\u2013 <em>Ro peuc\u2019h din ! An oll yalc\u2019hajo\u00f9-skoazell a h-a war-e\u00fcn d\u2019ar parrosio\u00f9 war an aot !<\/em><br \/>\nR\u00e9action \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9ponse : <em>A\u00ef eo poent puriff\u00eea\u00f1 al langach breton !<\/em> \u201cIl est grand temps de purifier la langue bretonne !\u201d [Rigolade g\u00e9n\u00e9rale] <em>Ya, ober un tamm gwelc\u2019hi\u00f1 d\u2019ar brezhoneg !<\/em> \u201cOui, donner un coup de lessive au breton !\u201d<br \/>\n<strong>Quelques citations pertinentes&#8230;<\/strong><br \/>\nBernard COMRIE, The Languages of the Soviet Union, Cambridge University Press, 1981, p. 35, sur des petites langues de Sib\u00e9rie : \u201cSince [technological vocabulary] accounts for a large part of the vocabulary used by anyone in an urban environment, and, given the increasing extent of urbanisation in the USSR, even if the speaker of such a language wants to maintain his native language he will find it increasingly permeated by Russian vocabulary loans, and perhaps even Russian syntactic constructions, so that there comes a time when it is as easy to switch over completely to Russian as to maintain a hybrid language.\u201d<br \/>\nChristian J. GUYONVARC\u2019H, Introduction : Origine et histoire des mots (fascicule 1) Dictionnaire \u00e9tymologique du breton ancien, moyen et moderne, Suppl\u00e9ment \u00e0 Ogam-Tradition Celtique 24, 1973; Celticum 28, Rennes, 1973. p. 55 : \u201cLe destin \u00e9trange de cette langue a \u00e9t\u00e9 cependant, depuis le moyen \u00e2ge, d\u2019\u00eatre presque toujours \u00e9crite par des gens dont la langue de culture, langue \u00e9crite, langue soign\u00e9e, \u00e9tait le fran\u00e7ais.\u201d<br \/>\npp. 59-60 : \u201cA l\u2019\u00e9cart tout de m\u00eame des outrances celtomanes, le breton litt\u00e9raire contemporain est le r\u00e9sultat d\u2019une r\u00e9action \u00e9rudite et puriste. Cette r\u00e9action se dessine d\u00e8s 1752 avec Le Pelletier qui abhorrait les mots fran\u00e7ais. Elle sera compl\u00e8te avec Le Gonidec et La Villemarqu\u00e9 au XIX\u00e8me si\u00e8cle, intransigeante avec Roparz Hemon et l\u2019\u00e9cole de Gwalarn entre 1919 et 1944, extr\u00e9miste apr\u00e8s 1945 dans un assez grand nombre de publications . . . aux po\u00e8mes ou au th\u00e9\u00e2tre d\u2019avant-garde, \u00e0 des trait\u00e9s de m\u00e9decine ou d\u2019\u00e9conomie politique, \u00e0 des manuels de linguistique ou de chimie dont la science internationale n\u2019a nul besoin, mais dont les quelques centaines, ou parfois les quelques dizaines de lecteurs ont pour exigence qu\u2019ils soient \u00e9crits en breton !<br \/>\n\u201cLa r\u00e9action puriste s\u2019explique tr\u00e8s facilement ; dans son contexte moderne, pour des raisons qui ne sont pas uniquement linguistiques et qui font que nous nous abstiendrons de porter sur elle le moindre jugement de valeur . . . La litt\u00e9rature n\u00e9o-bretonnante est d\u00e9sormais en effet, pour une grand part, l\u2019oeuvre d\u2019intellectuels qui, d\u2019expression fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019origine, ont eu le mal d\u2019apprendre et y ont gagn\u00e9, comme les sabras d\u2019Israel, la foi et l\u2019ardeur des pros\u00e9lytes . . . Coup\u00e9e de toute base populaire, la r\u00e9action puriste est en train de forger une langue technique, m\u00e9lange d\u2019emprunts de gallois et de n\u00e9ologismes qui est un v\u00e9ritable sanskrit d\u2019initi\u00e9s. Le brezhoneg beleg, qui meurt de sa belle mort parce que les pr\u00eatres d\u00e9sormais parlent fran\u00e7ais, est remplac\u00e9 par le \u2018breton chimique\u2019 qui, faute d\u2019usage suffisant, n\u2019int\u00e9resse pas encore le linguiste.\u201d<br \/>\np. 53 : \u201cPar comparaison au guten Magen, au \u2018bon estomac\u2019 de la langue allemande, le breton litt\u00e9raire de Le Gonidec souffre de dyspepsie x\u00e9nophobe.\u201d<br \/>\np. 36 : \u201cToujours est-il que le vocabulaire romain qui \u00e9tait compris des couches populaires \u2013 les seules \u00e0 vrai dire qui aient parl\u00e9 breton sinc\u00e8rement depuis le moyen \u00e2ge \u2013 s\u2019imposait au XIX\u00e8me si\u00e8cle comme d\u00e9j\u00e0 au XVI\u00e8me, \u00e0 tous ceux qui voulaient \u00eatre compris de leurs lecteurs ou auditeurs. C\u2019\u00e9tait la langue quotidienne et, par cons\u00e9quent, la langue tout court.\u201d<br \/>\np. 53 : \u201cSi [les ducs de Bretagne] avaient impos\u00e9 le breton comme langue d\u2019administration et de chancellerie il est \u00e0 supposer que le r\u00e9sultat actuel aurait \u00e9t\u00e9, avec des codifications officielles passant dans l\u2019usage \u00e9crit et parl\u00e9, une<br \/>\nlexicographie analogue \u00e0 celle de l\u2019anglais : une masse \u00e9norme de vocabulaire roman greff\u00e9 sur un fonds indig\u00e8ne . . . Nous avons du reste beaucoup de mal \u00e0 penser que le fait, pour les Bretons du moyen \u00e2ge, d\u2019emprunter des mots fran\u00e7ais, ait \u00e9t\u00e9 le signe d\u2019un complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 ou la preuve d\u2019une incurable inintelligence : les langues qui empruntent sont celles des peuples ouverts \u00e0 toutes les transactions et \u00e0 toutes les relations internationales. Il suffit de citer l\u2019anglais en exemple. L\u2019emprunt est un enrichissement quand des lettr\u00e9s savent trier et adapter.\u201d<br \/>\n<strong>Autre cas pertinent : le persan<\/strong><br \/>\nLa formation du persan (9e \u2013 10e si\u00e8cles) : apr\u00e8s l\u2019abandon du moyen-perse (pahlavi) au profit de l\u2019arabe suite aux conqu\u00eates islamiques, les parlers persans subissent un fort \u00e9miettement dialectal. Le fait d\u2019utiliser un mot arabe plut\u00f4t que persan (dans bien des cas probablement dialectal) am\u00e9liore les chances d\u2019\u00eatre bien compris sur tout le domaine persophone ; paradoxalement c\u2019est l\u2019accueil qui est fait aux nombreux emprunts \u00e0 l\u2019arabe (en persan classique, pratiquement tout mot arabe est potentiellement un mot persan) qui a permis au persan de se reconstituer et de se r\u00e9imposer comme langue de la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re. Le breton aurait-t-il suivi une \u00e9volution semblable \u00e0 partir du moyen-breton ?<br \/>\n<strong>La cr\u00e9ation n\u00e9ologique<\/strong><br \/>\nLe breton fait preuve d\u2019une grand cr\u00e9ativit\u00e9 morphologique ou idiomatique avec du mat\u00e9riel lexical fran\u00e7ais : immankabl \u201cimmanquable\u201d (puits), indebrabl \u201cinmangeable\u201d, inkomprenabl \u201cincroyable\u201d, lit. \u201cincompr\u00e9hensible\u201d, sell ase un \u00ebmmerdat\u00eeon \u201cquel emmerdement\u201d, koued ar ffaiblessite war he daoulagad \u201celle est devenu aveugle\u201d lit. \u201cla faiblesse [\u201cfaiblicit\u00e9\u201d] est tomb\u00e9 sur ses yeux\u201d, war e drankilite \u201cen prenant son temps\u201d lit. \u201csur sa tranquilit\u00e9\u201d. En revanche, pour une \u201carroseuse\u201d, Roparz Hemon donne douraerez, clairement calqu\u00e9 sur le fran\u00e7ais et d\u00e9rivant de douraat \u201carroser\u201d, alors que des paysans tr\u00e9gorois, pendant la s\u00e9cheresse de 1976, ont spontan\u00e9ment cr\u00e9\u00e9 flistrerien-dour, bien plus ind\u00e9pendant du terme fran\u00e7ais ; cf. l\u2019anglais water-sprinklers.<br \/>\nDans un article sur M. Bouestard de Latouc\u2019he, Instructions succinctes&#8230;, Morlaix, 1774 (manuel en breton \u00e0 l\u2019intention des sages-femmes), Al Liamm 16, 1949, pp. 72-7, on peut constater un usage productif de beaucoup de suffixes aujourd\u2019hui devenu plus ou moins improductifs en breton populaire (parmis les plus essentiels pour la cr\u00e9ation terminologique en breton moderne) : -adur, -adurezh, -eg, -egezh, -el, -elezh, -erezh, -ezh, -idigezh, etc. Cependant, le breton litt\u00e9raire moderne cr\u00e9e parfois avec des \u00e9l\u00e9ments \u201cnatifs\u201d des monstres peu transparents : kevrennataouriezhel \u201ctaxonomique\u201d (&lt; kevrenn, section ; -ata suffixe it\u00e9ratif ; -our suffixe agentif ; -ouriezh nom de science ou discipline ; -el suffixe adjectival abstrait). La composition ancienne, asyntaxique, improductive : dourgi \u201cloutre\u201d lit. \u201ceau-chien\u201d s\u2019oppose \u00e0 la composition moderne, syntaxique, productive : ki-dour \u201cloutre\u201d lit. \u201cchien-eau\u201d.<br \/>\nFa\u00f1ch MORVANNO\u00d9, Le breton sans peine, M\u00e9thod Assimil, Chennevi\u00e8res-sur-Marne, 1975, p. 437, veut \u201crenvoyer dos-\u00e0-dos puristes et laxistes\u201d. Cependant, l\u2019approche des populistes et des \u00e9litistes n\u2019est pas tr\u00e8s diff\u00e9rente en mati\u00e8re de cr\u00e9ation terminologique, les populistes abordant tout simplement moins souvent les domaines o\u00f9 la carence lexicale du breton est flagrante. A cet \u00e9gard, il convient d\u2019ajuster la proportion et la difficult\u00e9 des n\u00e9ologismes en fonction du public vis\u00e9.<br \/>\nOn constate parfois une recherche effren\u00e9e de l\u2019anti-fran\u00e7ais, avec parfois des r\u00e9sultats cocaces : james est proscrit et morsse est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, alors que celui-ci d\u00e9rive du fran\u00e7ais \u201cmorceau\u201d; en m\u00eame temps, on trouve un usage incertain de biskw\u030aazh, biken ; on aime sokialour plut\u00f4t que socialist ; on \u00e9crit sokialouriezh pour socialism. On pense \u00e9galement qu\u2019il faut \u00e0 tout prix avoir des termes diff\u00e9rents pour le breton; cette attitude est acquise tr\u00e8s t\u00f4t : ma fille, \u00e0 qui on demande de mettre un short : Short so galleg, a\u00f1 ; e brezhoneg ve\u017c lared bermuda. \u201cShort, c\u2019est fran\u00e7ais, hein ; en breton on dit bermuda.\u201d !<br \/>\nIl y a aussi le probl\u00e8me de la longueur des cr\u00e9ations, la forme bretonne du mot \u201cinternational\u201d \u00e9tant souvent d\u2019une syllabe (ou plus) plus long qu\u2019en fran\u00e7ais : ekonomikel \u201cekonomique\u201d ekologiezh \u201c\u00e9cologie\u201d (est-ce parce que la syllabe accentu\u00e9e co\u00efncide ainsi avec celle du fran\u00e7ais ?). En irlandais et en gallois les emprunts sont souvent aussi courts ou plus courts et de ce fait plus r\u00e9ussis : irlandais eisceacht \u201cexception\u201d ; gallois economeg \u201ceconomics\u201d, economaidd \u201ceconomical\u201d.<br \/>\nCombien de mots ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9s en breton pour \u201ct\u00e9lescope\u201d ? M\u00eame pour la \u201ct\u00e9l\u00e9vision\u201d on peut recenser : tele (acceptable \u00e0 tous) ; skinwel (litt\u00e9raire normal) ; pellwel (litt\u00e9raire inusit\u00e9) ; pellweleres (litt\u00e9raire dans l\u2019imagination populaire) ; televis\u00eeon (emprunt adapt\u00e9 phon\u00e9tiquement) ; et televisio\u00f1 (emprunt brut), cf. le \u201cBlues brezhoneg\u201d (ann\u00e9es 1960):<br \/>\nAn d\u00e9i\u017c all pa oann \u2019hvond ti ma zintin Ffa\u00f1cho\u00f1,<br \/>\nOa Jakelin Huet bah an televisio\u00f1.<br \/>\nL\u00e2red \u2019rae \u2019n he c\u2019haos e vije amser vraw ;<br \/>\nDo\u00e2 ked achued da goms pa oa krog d\u2019ober glaw \u2013 o yeah !<br \/>\n\u201c<em>L\u2019autre jour quand je m\u2019en allais chez ma tante Fanchon,<\/em><br \/>\n<em> Il y avait Jacqueline Huet \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.<\/em><br \/>\n<em> Elle disait dans son discours qu\u2019il ferait beau-temps.<\/em><br \/>\n<em> Elle n\u2019avait pas fini de parler qu\u2019il s\u2019est mis \u00e0 pleuvoir \u2013 o yeah !<\/em>\u201d<br \/>\n<strong>L\u2019emprunt<\/strong><br \/>\nIl y a des \u201cemprunts anachroniques\u201d \u2013 on fait comme si le mot avait \u00e9t\u00e9 emprunt\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque ant\u00e9rieure et avait suivi l\u2019\u00e9volution phon\u00e9tique de la langue : irlandais adamh, adamhach \u201catom, atomic\u201d ; gallois elfen \u201c\u00e9l\u00e9ment\u201d, dogfen \u201cdocument\u201d, strwythur \u201cstructure\u201d. Le breton litt\u00e9raire fait parfois des emprunts anachroniques \u00e0 partir du gallois : azasi\u00f1 \u201cadapter\u201d &lt; gallois addasu (tandis que l\u2019\u00e9volution phon\u00e9tique normale aurait voulu azazi\u00f1).<br \/>\nContrairement au breton, le gallois (et en partie l\u2019irlandais), en plus de sa propre richesse idiomatique, est compl\u00e8tement en phase avec l\u2019anglais \u2013 n\u2019importe quelle tournure anglaise peut \u00eatre traduite mot-\u00e0-mot, cf. les phrasal verbs de l\u2019anglais : mae\u2019r car wedi torri lawr \u201cthe car has broken down\u201d (la voiture est tomb\u00e9e en panne), dyw e ddim wedi troi lan \u2019to \u201che hasn\u2019t turned up yet\u201d (il ne s\u2019est pas encore point\u00e9) ; irlandais seasamh suas \u201cstand up\u201d (se lever) ; suigh s\u00edos \u201csit down\u201d (s\u2019asseoir).<br \/>\nIl faut convenir qu\u2019il y a une certaine globalisation phras\u00e9ologique \u2013 arabe :\u2019i\u2018\u1e6d\u0101\u2019 a\u1e0d-\u1e0dau\u2019 al-\u2019akh\u1e0dar \u201cdonner le feu vert\u201d; kull a\u1e6d-\u1e6duruq tu\u2019add\u012b \u2019il\u00e0 R\u014dm \u201ctous les chemins m\u00e8nent \u00e0 Rome\u201d, qui finira sans doute par affecter m\u00eame le breton (toud an he\u00f1cho\u00f9 a gass da Rom ?). Voire, en breton tr\u00e9gorois plut\u00f4t jeune, des idiomatismes fran\u00e7ais sont transpos\u00e9s facilement mot pour mot : Pa deus klewed penaos he gwas noa bed e sac\u2019h deus ar w\u030aoest lec\u2019h oa labourad, ff\u00e9i\u017c h-eo kou\u00ead bah an avalo\u00f9. \u201cQuand elle a entendu que son mari avait eu son sac de la bo\u00eete o\u00f9 il travaillait, eh bien elle est tomb\u00e9e dans les pommes.\u201d<br \/>\nExemple de la proportion du lexique mal compris dans un texte litt\u00e9raire moyen \u2013 mots en gras : peu ou pas compris des bretonnants traditionnels non-lettr\u00e9s en breton :<\/p>\n<p><strong>DISKLERIADUR HOLLVEDEL GWIRIOU MAB-DEN<\/strong><br \/>\n<strong> Embannet gant ar Broadou-Unanet d\u2019an 10 a viz Kerzu 1948<\/strong><br \/>\n<strong> <em>DECLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L\u2019HOMME<\/em><\/strong><br \/>\n<strong><em> Proclam\u00e9 par les Nations-Unies le 10 d\u00e9cembre 1948<\/em><\/strong><br \/>\n<strong>Rakger<\/strong><br \/>\n<em><strong> Pr\u00e9ambule<\/strong><\/em><br \/>\nO veza\u00f1 ma\u2019z eo war anaout an <strong>dellezegezh<\/strong><strong>enstag<\/strong> ouzh holl <strong>izili<\/strong> an <strong>denelezh<\/strong> hag o <strong>gwirio\u00f9<\/strong> par ha <strong>diwerzhus<\/strong> eo <strong>diazeze<\/strong>t ar <strong>frankiz,<\/strong> ar <strong>reizhded<\/strong> hag ar peoc\u2019h, &#8230;.<br \/>\n<em>Consid\u00e9rant que la reconnaissance de la dignit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 tous les membres de la famille humaine et de leurs droits \u00e9gaux et inali\u00e9nables constitue le fondement de la libert\u00e9, de la justice et de la paix dans le monde,<\/em><br \/>\nO veza\u00f1 ma\u2019z eo war <strong>dizanaout<\/strong> ha dismega\u00f1si\u00f1 <strong>gwirio\u00f9<\/strong><strong>mab-den<\/strong> eo bet ganet an akto\u00f9 a <strong>varbariezh<\/strong> a sav koustia\u00f1s <strong>mab-den<\/strong> en o enep, ha ma\u2019z eo bet embannet eo <strong>donedigezh<\/strong> ur bed a vo enna\u00f1 gant an dud <strong>frankiz<\/strong> da gomz ha da gredi\u00f1, <strong>dieubet<\/strong> ma vint diouzh ar spont hag an dienez, a zo <strong>mennad<\/strong> uhela\u00f1 <strong>mab-den<\/strong>,<br \/>\n<em>Consid\u00e9rant que la m\u00e9connaissance et le m\u00e9pris des droits de l\u2019homme ont conduit \u00e0 des actes de barbarie qui r\u00e9voltent la conscience de l\u2019humanit\u00e9 et que l\u2019av\u00e8nement d\u2019un monde o\u00f9 les \u00eatres humains seront libres de parler et de croire, lib\u00e9r\u00e9s de la terreur et de la mis\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 proclam\u00e9 comme la plus haute aspiration de l\u2019homme,<\/em><br \/>\nO veza\u00f1 ma\u2019z eo ret-holl diwall <strong>gwirio\u00f9 mab-den<\/strong> gant <strong>reolenn<\/strong> al lezenn evit na vefe ket <strong>rediet<\/strong> an dud d\u2019en em sevel ouzh an <strong>tirantegezh<\/strong> hag ar <strong>gwaskerezh<\/strong> da rekour diwezha\u00f1,<br \/>\n<em>Consid\u00e9rant qu\u2019il est essentiel que les droits de l\u2019homme soient prot\u00e9g\u00e9s par un r\u00e9gime de droit pour que l\u2019homme ne soit pas contraint, en supr\u00eame recours, \u00e0 la r\u00e9volte contre la tyrannie et l\u2019oppression,<\/em><br \/>\nO veza\u00f1 ma\u2019z eo ret-holl kas war-raok an darempredo\u00f9 a vignoniezh etre ar <strong>broado\u00f9<\/strong>,<br \/>\n<em>Consid\u00e9rant qu\u2019il est essentiel d\u2019encourager le d\u00e9veloppement de relations amicales entre nations,<\/em><br \/>\nO veza\u00f1 ma\u2019z eo bet embannet adarre er <strong>Garta<\/strong> gant poblo\u00f9 ar <strong>Broado\u00f9-Unanet<\/strong> o feiz e <strong>gwirio\u00f9<\/strong><strong>diazez mab-den<\/strong>, e <strong>dellezegezh<\/strong> ha talvoudegezh <strong>mab-den<\/strong>, e <strong>parded<\/strong> ar baotred hag ar merc\u2019hed en o <strong>gwirio\u00f9<\/strong>, ha ma\u2019z eo bet diskl\u00eariet ganto e oant <strong>mennet<\/strong> da gas war-raok an <strong>diorroadur kevredigezhel<\/strong> ha da wellaat an <strong>aozio\u00f9<\/strong>-buhez en ur <strong>frankiz<\/strong> vrasoc\u2019h,<br \/>\n<em>Consid\u00e9rant que dans la Charte les peuples des Nations Unies ont proclam\u00e9 \u00e0 nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l\u2019homme, dans la dignit\u00e9 et la valeur de la personne humaine, dans l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits des hommes et des femmes, et qu\u2019ils se sont d\u00e9clar\u00e9s r\u00e9solus \u00e0 favoriser le progr\u00e8s social et \u00e0 instaurer de meilleures conditions de vie dans une libert\u00e9 plus grande,<\/em><br \/>\nO veza\u00f1 ma\u2019z eo bet <strong>gouestlet<\/strong> gant ar Stado\u00f9-Ezel <strong>diogeli\u00f1<\/strong>, gant kenlabour <strong>Aozadur<\/strong> ar <strong>Broado\u00f9-Unane<\/strong>t, an douja\u00f1s hollvedel ha <strong>gwirion<\/strong> ouzh <strong>gwirio\u00f9 mab-den<\/strong> hag ar <strong>frankizio\u00f9<\/strong><strong>penna\u00f1<\/strong>,<br \/>\n<em>Consid\u00e9rant que les Etats Membres se sont engag\u00e9s \u00e0 assurer, en coop\u00e9ration avec l\u2019Organisation des Nations Unies, le respect universel et effectif des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales,<\/em><br \/>\nHag o veza\u00f1 ma\u2019z eo a bouez bras <strong>kengompren ar gwirio\u00f9<\/strong> hag ar <strong>frankizio\u00f9<\/strong>-ma\u00f1 a-benn <strong>seveni\u00f1 ar gouestl<\/strong>,<br \/>\n<em>Consid\u00e9rant qu\u2019une conception commune de ces droits et libert\u00e9s est de la plus haute importance pour remplir pleinement cet engagement,<\/em><br \/>\nEz embann ar <strong>Vodadeg-Veur<\/strong><br \/>\n<em>L\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale<\/em><br \/>\n<strong>Diskleriadur hollvedel gwirio\u00f9 mabden<\/strong> evel <strong>uhelvennad boutin<\/strong> da veza\u00f1 <strong>diraezet<\/strong> gant an holl boblo\u00f9 hag an holl <strong>vroado\u00f9<\/strong>, d\u2019an holl dud hag <strong>ensavadurio\u00f9<\/strong>, gant an <strong>Diskl\u00eariadu<\/strong>r-ma\u00f1 atav en o <strong>freder<\/strong>, da lakaat kreski\u00f1 dre ar c\u2019helenn hag an deskadurezh, an douja\u00f1s ouzh ar <strong>gwirio\u00f9<\/strong> ha <strong>frankizio\u00f9<\/strong>-ma\u00f1, d\u2019o lakaat da veza\u00f1 anavezet ha <strong>sevenet<\/strong> tamm-ha-tamm da vat hag e pep lec\u2019h, dre <strong>ziarbenno\u00f9 broadel<\/strong> hag <strong>etrevroadel<\/strong>, koulz e-touez poblo\u00f9 ar <strong>Stado\u00f9-Ezel<\/strong> hag e-touez ar re zo war zouaro\u00f9 dindan o lezenno\u00f9.<br \/>\n<em>Proclame la pr\u00e9sente D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019homme comme l\u2019id\u00e9al commun \u00e0 atteindre par tous les peuples et toutes les nations afin que tous les individus et tous les organes de la soci\u00e9t\u00e9, ayant cette D\u00e9claration constamment \u00e0 l\u2019esprit, s\u2019efforcent, par l\u2019enseignement et l\u2019\u00e9ducation, de d\u00e9velopper le respect de ces droits et libert\u00e9s et d\u2019en assurer, par des mesures progressives d\u2019ordre national et international, la reconnaissance et l\u2019application universelles et effectives, tant parmi les populations des Etats Membres eux-m\u00eames que parmi celles des territoires plac\u00e9s sous leur juridiction.<\/em><br \/>\nVoil\u00e0 une proportion quand m\u00eame inqui\u00e9tante de mots peu compris du grand public dans un texte en breton litt\u00e9raire ; on comprend que le public traditionnel abandonne vite l\u2019effort de suivre ce genre de breton. Alors que faire ? Afin de survivre, il faut que le breton puisse \u00eatre utilis\u00e9 dans des registres formels, et pour cela il lui faut un lexique \u00e9labor\u00e9, connu et accept\u00e9. La r\u00e9ponse se trouve sans doute dans une cr\u00e9ation terminologique mod\u00e9r\u00e9e, bien en phase avec les penchants naturels de la langue, et avant tout dans une diffusion active du lexique nouveau indispensable aupr\u00e8s du grand public ; ici on est jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent tr\u00e8s loin du compte, la diffusion se faisant essentiellement en vase clos, entre apprenants.<br \/>\n<strong>L\u2019aporie (le c\u00f4t\u00e9 \u201csans issue\u201d) de la situation bretonne<\/strong><br \/>\nLes militants bretonnants d\u00e9fendent le breton parce qu\u2019il existe ; seulement beaucoup d\u2019entre eux n\u2019aiment pas trop ce qui existe r\u00e9ellement, et s\u2019\u00e9vertuent \u00e0 refa\u00e7onner la langue \u00e0 leur guise afin qu\u2019elle remplisse plus spectaculairement la fonction identitaire ; \u00e0 tel point que le breton litt\u00e9raire actuel devient m\u00e9connaissaible pour les locuteurs natifs, et ceci \u00e0 tous les niveaux \u2013 phon\u00e9tique, syntaxique, lexical, phras\u00e9ologique. Alors qu\u2019on peut naturellement avancer des arguments coh\u00e9rents en faveur de tel ou tel aspect du breton standard d\u2019aujourd\u2019hui, l\u2019effet cumulatif de ces \u00e9l\u00e9ments pour un bretonnant du cru est de rendre ce breton tr\u00e8s opaque et \u00e9tranger, ce qui tend \u00e0 d\u00e9courager fortement l\u2019adh\u00e9sion de la masse des bretonnants spontan\u00e9s. On voit l\u00e0 la perversit\u00e9 d\u2019un mouvement linguistique qui se trouve largement coup\u00e9 da la communaut\u00e9 qui parle la langue pour laquelle il se bat.<br \/>\nIl n\u2019y a pas de consultation du public v\u00e9ritablement bretonnant sur les choix terminologiques, et il n\u2019y a pas suffisamment de breton dans les m\u00e9dias (contrairement \u00e0 la situation au Pays de Galles et en Irlande) pour assurer une v\u00e9ritable diffusion et acceptation des n\u00e9ologismes.<br \/>\nLes possibilit\u00e9s de cr\u00e9ation n\u00e9ologique sont naturellement beaucoup plus \u00e9tendues dans le cas d\u2019une population majoritairement monolingue (cf. au 19e si\u00e8cle \u2013 les mouvements d\u2019\u00e9laboration du tch\u00e8que, du lituanien, du finnois, etc.), ou au moins majoritairement lettr\u00e9e dans sa langue maternelle (cf. le gallois) que dans celui d\u2019une population aussi bilingue et illettr\u00e9e dans sa propre langue qu\u2019en Bretagne. Dans ce sens c\u2019\u00e9tait criminel de la part de l\u2019\u00e9tat fran\u00e7ais d\u2019avoir activement emp\u00each\u00e9 la population bretonne d\u2019acqu\u00e9rir les bases du breton \u00e9crit \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<br \/>\nLa vraie question est la suivante : doit-on rechercher une continuation et une adaptation de la langue existante, en essayant de susciter l\u2019adh\u00e9sion et l\u2019implication d\u2019au moins une partie des \u201cbretonnants spontan\u00e9s\u201d, ou doit-on oeuvrer plut\u00f4t pour une rupture radicale, sachant qu\u2019on laissera de c\u00f4t\u00e9, de ce fait, les locuteurs traditionnels ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Recommandations en guise de conclusion<\/strong><br \/>\n1. Accepter les mots d\u2019origine fran\u00e7aise couramment employ\u00e9s en breton spontan\u00e9 et bien int\u00e9gr\u00e9s dans le syst\u00e8me morphologique, sans tomber dans les exc\u00e8s not\u00e9s au d\u00e9but.<br \/>\n2. Adapter la base lexicale en fonction du public vis\u00e9 (public g\u00e9n\u00e9ral : veriffia\u00f1, veriffikat\u00eeon ; lettr\u00e9s, militants : gwiriek\u00e2d, gwiriekadur) (garder \u00e0 l\u2019esprit la productivit\u00e9 de l\u2019affixe ou du type de composition, cf. dourgi \/ ki-dour).<br \/>\n3. Accepter les racines latines et grecques pan-europ\u00e9ennes, mais avec des formes aussi courtes que possible : ellips plut\u00f4t que ellipsenn ; ekonomik ou ekonomeg plut\u00f4t que ekonomikel ; geographi plut\u00f4t que jeografiezh, en m\u00eame temps que douaroniezh. Pas de \u201cceltisation\u201d factice comme sokialouriezh pour socialism.<br \/>\n4. Cr\u00e9er des \u00e9missions de discussion linguistique sur le breton : comparaison et analyse de parlers diff\u00e9rents, variation lexicale, vocabulaire litt\u00e9raire \u00e9tablie, propositions terminologiques, avec la participation d\u2019experts et de bretonnants ordinaires.<br \/>\n5. Susciter un large d\u00e9bat sur le type de breton souhait\u00e9 : une continuation du breton spontan\u00e9 avec une unification graduelle des parlers et une cultivation lexicale mesur\u00e9e, raisonn\u00e9e (cela ne resoud bien s\u00fbr pas le probl\u00e8me du standard \u00e0 proposer aux apprenants, question s\u00e9par\u00e9e quoique connexe), ou bien, ce qui nous vivons plut\u00f4t en r\u00e9alit\u00e9, une rupture radicale, coupant all\u00e8grement les ponts avec les bretonnants traditionnels : cette solution est analogue \u00e0 ce que serait l\u2019imposition de l\u2019h\u00e9breu isra\u00e9lien moderne de type tr\u00e8s diff\u00e9rent de l\u2019h\u00e9breu biblique alors que l\u2019h\u00e9breu biblique serait encore largement parl\u00e9, et par beaucoup plus de monde que l\u2019h\u00e9breu isra\u00e9lien ; elle scelle en tout cas irr\u00e9vocablement le sort du breton traditionnel.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le texte ici propos\u00e9 a \u00e9t\u00e9 le support d&rsquo;une intervention de Steve Hewitt, universitaire am\u00e9ricain sp\u00e9cialiste du tr\u00e9gorrois, lors du colloque N\u00e9ologie et terminologie des langues minoritaires d\u2019Europe atlantique \u00e0 Sant-Brieg en septembre 2003. Partant d&rsquo;une critique de la cr\u00e9ation n\u00e9ologique actuelle dans le breton standard, il formule le constat implacable \u00ab\u00a0d\u2019un mouvement linguistique qui se trouve largement coup\u00e9 de la communaut\u00e9 qui parle la langue pour laquelle il se bat\u00a0\u00bb. Parmi les recommandations pertinentes qu&rsquo;il \u00e9num\u00e8re \u00e0 la fin&#8230;<\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/2016\/12\/06\/remarques-sur-la-creation-terminologique-en-breton-steve-hewitt\/\">Lire la suite<span class=\"screen-reader-text\"> Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[8,11,10,9],"class_list":["post-17","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-en-em-sonjal","tag-creation-terminologique","tag-langue-populaire","tag-langue-standard","tag-neologisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":33,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17\/revisions\/33"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}