{"id":311,"date":"2019-06-01T22:19:25","date_gmt":"2019-06-01T20:19:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/?p=311"},"modified":"2019-06-12T11:31:28","modified_gmt":"2019-06-12T09:31:28","slug":"atlas-des-langues-regionales-breve-analyse-des-points-bretons","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/2019\/06\/01\/atlas-des-langues-regionales-breve-analyse-des-points-bretons\/","title":{"rendered":"Atlas sonore des langues r\u00e9gionales, br\u00e8ve analyse des points bretons"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"484\" height=\"390\" src=\"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/https-www.ballajack.com-wp-content-uploads-2017-06-atlas-sonore-langues-regionales.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-310\" srcset=\"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/https-www.ballajack.com-wp-content-uploads-2017-06-atlas-sonore-langues-regionales.jpg 484w, https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/https-www.ballajack.com-wp-content-uploads-2017-06-atlas-sonore-langues-regionales-300x242.jpg 300w, https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/https-www.ballajack.com-wp-content-uploads-2017-06-atlas-sonore-langues-regionales-335x270.jpg 335w\" sizes=\"auto, (max-width: 484px) 100vw, 484px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>C\u2019est une demande d\u2019un linguiste du Mus\u00e9e de l\u2019Homme qui m\u2019a fait me replonger dans l\u2019Atlas des langues r\u00e9gionales. Je m\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 pench\u00e9 sur l\u2019enregistrement de Lannuon dans <a href=\"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/2017\/07\/25\/a-propos-de-latlas-sonore-des-langues-regionales-de-france-du-cnrs\/\">un pr\u00e9c\u00e9dent article<\/a>. Deux ans plus tard, cet enregistrement me parait toujours aussi probl\u00e9matique. <\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Le breton qu\u2019on y entend ne peut \u00eatre qualifi\u00e9 de tr\u00e9gorrois. C\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 un breton standard, si \u00e9loign\u00e9 du breton tr\u00e9gorrois actuel que des locuteurs natifs auraient peine \u00e0 le comprendre, ou au moins \u00e9prouveraient un net sentiment d\u2019\u00e9tranget\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les autres points d\u2019enqu\u00eate \u00e9taient les suivants : Lesneven, Enez Sun, Kemper, An Alre, Gwern, Ar Sent. Le moins que l\u2019on puisse dire est que leur valeur est in\u00e9gale et il est int\u00e9ressant d\u2019en \u00e9tablir une succincte typologie. <\/p>\n\n\n\n<p>Les deux enregistrements les plus int\u00e9ressants sont\nceux de Enez Sun et Gwern. Ce sont les plus authentiques car les deux\nlocutrices sont bretonnantes de naissance et l\u2019influence de la langue standard\ny est nulle. La prosodie y est parfaite, les R sont roul\u00e9s (Enez Sun) et les\npalatalisations nombreuses (Gwern). Les temps employ\u00e9s sont l\u2019imparfait, le\nplus-que-parfait et la pass\u00e9 compos\u00e9 (pas de trace donc du pass\u00e9 simple), comme\nd\u2019usage dans la langue populaire actuelle. On remarque des emprunts au\nfran\u00e7ais, notamment le verbe \u00ab&nbsp;koma\u00f1s&nbsp;\u00bb qui est une v\u00e9ritable marque\ndistinctive entre breton populaire et breton standard. On entend \u00e9galement des\nformes orales non accept\u00e9es dans la langue standard (\u00ab&nbsp;\u2018deusont&nbsp;\u00bb\npour \u00ab&nbsp;o deus&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;ba \u2018n&nbsp;\u00bb pour \u00ab&nbsp;en&nbsp;\u00bb). <\/p>\n\n\n\n<p>Les enregistrements de Ar Sant et An Alre sont de\nqualit\u00e9. La langue y est authentique, quoique les locuteurs ne soient pas\nnatifs. La prosodie est tr\u00e8s bonne et l\u2019influence de la langue standard est\nsoit nulle (Ar Sant), soit tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8re (An Alre). <\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, les enregistrements de Lesneven et Kemper sont\ndiscutables. La prosodie du premier est d\u00e9faillante avec un manque global\nd\u2019accentuation, voire des accents toniques fautifs. Cela donne l\u2019impression\nd\u2019un locuteur tr\u00e8s influenc\u00e9 par la prosodie fran\u00e7aise (ainsi que la langue\nstandard). Au second on peut adresser la m\u00eame critique qu\u2019\u00e0 l\u2019enregistrement de\nLannuon. En effet, ce n\u2019est pas du breton de Kemper qu\u2019on entend, mais du\nbreton standard (lexique \u00e9pur\u00e9, formes verbales standards, utilisation du pass\u00e9\nsimple&#8230;) avec une l\u00e9g\u00e8re coloration dialectale. La prononciation que fait la\nlocutrice du mot \u00ab&nbsp;daou&nbsp;\u00bb montre imm\u00e9diatement l\u2019influence de l\u2019\u00e9crit\nsur son breton.<\/p>\n\n\n\n<p>Les auteurs de cet atlas expliquent leur d\u00e9marche <a href=\"https:\/\/atlas.limsi.fr\/articles\/geol17.pdf\">dans un texte accessible sur\ninternet<\/a>. Il n\u2019est ainsi pas inutile de rappeler que l\u2019objet de \u00ab&nbsp;cet\natlas multim\u00e9dia&nbsp;\u00bb\nest de fournir \u00ab&nbsp;une sorte de photographie\nen couleur de l\u2019arc-en-ciel dialectal de la France (hexagonale) : un instantan\u00e9\ndes usages actuels, un outil pour l\u2019enseignement de la variation&nbsp;\u00bb (p.14).\n<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective linguistique d\u2019\u00e9tude de la variation\ndialectale (mesure\ndes isoglosses \u00e9ventuellement), les auteurs ont naturellement\n\u00ab&nbsp;privil\u00e9gi\u00e9\nles locuteurs natifs&nbsp;\u00bb (p.3). C\u2019est le cas des enregistrements de Enez Sun\net Gwern, les meilleurs pour l\u2019espace breton. Pour autant, ils n\u2019ont pas \u00ab&nbsp;d\u00e9daign\u00e9\nles n\u00e9o-locuteurs&nbsp;\u00bb, estimant que \u00ab&nbsp;certains locuteurs qui n\u2019ont pas\nh\u00e9rit\u00e9 du dialecte directement de leurs parents peuvent s\u2019appliquer avec succ\u00e8s\n\u00e0 reproduire les particularismes locaux&nbsp;\u00bb. Les enregistrements de Ar Sant\net An Alre rel\u00e8vent de cette cat\u00e9gorie et sont effectivement de qualit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Plus g\u00e9n\u00e9ralement, les auteurs sont bien conscients que\n\u00ab&nbsp;la repr\u00e9sentativit\u00e9\ndes locuteurs reste un vrai probl\u00e8me, par rapport \u00e0 un cadre dialectologique\ntraditionnel qui suppose un lien inamovible entre la terre et le locuteur&nbsp;\u00bb\n(p.14). De m\u00eame, \u00ab&nbsp;la distinction entre \u00ab n\u00e9o-locuteurs \u00bb et \u00ab locuteurs\nnaturels \u00bb n\u2019est pas toujours \u00e9vidente&nbsp;\u00bb (p.3). Par exemple, les auteurs\nconstatent qu\u2019\u00ab&nbsp;il existe des locuteurs natifs de n\u00e9o-breton \u00bb. Cela\nsemble effectivement \u00eatre le cas pour l\u2019enregistrement de Lannuon, et ce n\u2019est\npas sans poser probl\u00e8me pour l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019enregistrement. C\u2019est certes un\nexcellent breton standard qui y est propos\u00e9, mais ce n\u2019est pas le dialecte du\nTr\u00e9gor. A contrario, \u00ab&nbsp;des locuteurs dits \u00ab naturels \u00bb peuvent avoir une\nlangue r\u00e9gionale tr\u00e8s francis\u00e9e&nbsp;\u00bb (p.4). Cela pourrait \u00eatre le cas pour le\nlocuteur Lesneven, avec une influence trop importante de la prosodie fran\u00e7aise\n(\u00e0 moins qu\u2019il ne soit un n\u00e9o-locuteur).<\/p>\n\n\n\n<p>Les trois enregistrements de faible int\u00e9r\u00eat, Lannuon, Lesneven et Kemper, posent aussi et surtout probl\u00e8me parce qu\u2019ils sont trop influenc\u00e9s par la langue standard. De ce fait, et \u00e0 des degr\u00e9s divers, ils ne refl\u00e8tent qu\u2019insuffisamment le dialecte r\u00e9ellement parl\u00e9 par les bretonnants dans les points d\u2019enqu\u00eate concern\u00e9s. Ils sont donc d\u2019une tr\u00e8s faible valeur en regard de l\u2019objectif que se sont fix\u00e9 les auteurs de l\u2019atlas sonore des langues r\u00e9gionales.<\/p>\n\n\n\n<p>Ci-dessous, les transcriptions\ndes enregistrements bretons avec un commentaire pour chacun&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lesneven\n<\/strong>:\nSavet e oa tabut etre an avel hag an heol evit gouzout piv a oa an hini\nkre\u00f1va\u00f1, p\u2019o doa gwelet ur beajour o tont etrezo, ur mantell tro-dro dezha\u00f1.\nSavet int a-du evit diskleria\u00f1 e vefe ar c\u2019hre\u00f1va\u00f1 anezho an hini kenta\u00f1 hag a\nc\u2019hellfe lakaat ar beajour-se da denna\u00f1 e vantell. C\u2019hwezhet en deus, neuze, an\navel kement ha ma c\u2019helle, met dre ma c\u2019hwezhe kre\u00f1voc\u2019h kre\u00f1va\u00f1, ar beajour a\nstarde muioc\u2019h-mui e vantell tro-dro dezha\u00f1 ; ken en deus an avel nac\u2019het e\nvennozh, \u2018benn ar fin. Setu m\u2019eo kroget an heol da bara\u00f1 ha goude ur pennadig,\nar beajour, tomm dezha\u00f1 en-dro, en deus tennet e vantell. Setu penaos en deus\nranket an avel anzav e oa an heol an hini kre\u00f1va\u00f1 diouto.<\/p>\n\n\n\n<p>=&gt;\nUne accentuation glogalement trop faible et quelques accents toniques fautifs\n(gouzout, avel&#8230;), une mutation simple non r\u00e9alis\u00e9e (\u00ab&nbsp;ur <strong>m<\/strong>antell&nbsp;\u00bb au lieu de \u00ab&nbsp;ur <strong>v<\/strong>antell&nbsp;\u00bb), une prononciation\ndouteuse de \u00ab&nbsp;anzav&nbsp;\u00bb en [\u025bnzao], une locution litt\u00e9raire \u00e0 priori\ninconnue dans la langue populaire (nac\u2019ha\u00f1 e vennozh), renforcent l\u2019impression\ng\u00e9n\u00e9rale d\u2019un locuteur tr\u00e8s influenc\u00e9 par la prosodie fran\u00e7aise (peut-\u00eatre non-natif)\net la langue standard. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quimper\n<\/strong>:\nCheu a oa etre an avel-viz hag an heol, pep hini o laret e oa ar c\u2019hre\u00f1va\u00f1 pa\nweljont ur beajour o tostaat, paket mat en e vantell. Evit gouzout piv eo ar\nc\u2019hre\u00f1va\u00f1 int savet a-du an eil gant egile e vefe an hini a zeufe a-benn da\nlakaat ar beajour da lemel e vantell. Neuze e krogas an avel-viz da c\u2019hwezha\u00f1\nda vat, ha muioc\u2019h a se e c\u2019hwezhe, muioc\u2019h a se e starde ar beajour e vantell\ntro-dro dezha\u00f1, an avel-viz na glaskas ket mont pelloc\u2019h evit lakaat anezha\u00f1 da\ndenna\u00f1 e vantell. Neuze e krogas an heol da bara\u00f1 ha goude ur pennad e tommas\nd\u2019ar beajour ha hema\u00f1 a dennas e vantell. Neuze ez asantas e oa an heol ar\nc\u2019hre\u00f1va\u00f1 eus an daou.<\/p>\n\n\n\n<p>=&gt;\nCertains mots (neuze, heol, muioc\u2019h, gant, hema\u00f1&#8230;) sont prononc\u00e9s dans la\nforme basse-cornouaillaise, l\u2019accentuation est bonne, mais globalement on sent\nl\u2019influence de la langue standard. Plusieurs \u00e9l\u00e9ments vont dans ce sens&nbsp;:\nl\u2019utilisation du pr\u00e9t\u00e9rit (la langue populaire actuelle ne l\u2019utilise plus gu\u00e8re\nspontan\u00e9ment), le lexique \u00e9pur\u00e9 (\u00ab&nbsp;krogas&nbsp;\u00bb et non pas\n\u00ab&nbsp;koma\u00f1sas&nbsp;\u00bb par exemple),&nbsp;une liaison incongrue \u00e0 la fin\n(\u00ab&nbsp;an <strong>h<\/strong>eol&nbsp;\u00bb avec un h\naspir\u00e9). Surtout, la prononciation [daw] pour \u00ab&nbsp;daou&nbsp;\u00bb, hyper\nminoritaire en Basse-Bretagne et impossible \u00e0 Kemper d\u2019apr\u00e8s <a href=\"http:\/\/sbahuaud.free.fr\/ALBB\/Kartenn-115.jpg\">l\u2019ALBB<\/a>, montre\nque la locutrice n\u2019est vraisemblablement pas bretonnante de naissance et est\ninfluenc\u00e9e par l\u2019\u00e9crit. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00cele\nde Sein <\/strong>:\nAn avel Biz hag an heol a veze ouzh en em zrailha\u00f1. Pep hini a lavare : &#8211; Me\n(eo) ar c\u2019hre\u00f1va\u00f1 ! Pa deusont gwelet un den \u00e9 tont d\u2019o c\u2019haout, goloet gant e\nvantell. O daou e deusont lavaret : &#8211; Ma atrapan ar vantell ar c\u2019henta\u00f1, me eo\na vo ar c\u2019hre\u00f1va\u00f1. Neuze (en doa \u2018ta e oa) en em lakaet an avel da\nchavira\u00f1 tout. Dre ma boufe an avel, an avel a oa aet sot, hag an den en doa\nranket dalc\u2019her e vantell start war e gein. Pa eo kalmet an avel, an den en\ndeus gellet tenna\u00f1 e vantell. Setu an heol zo koma\u00f1set da bara\u00f1. A-benn ur\nmomed, (e\u00f1 en doa&nbsp;? d\u2019ober) re domm, gant an heol, hag en deus\ntennet e vantell. (Hag) evel-se, an avel Biz en deus gwelet e oa kre\u00f1voc\u2019h an\nheol evita\u00f1.<\/p>\n\n\n\n<p>=&gt;\nC\u2019est l\u2019un des deux enregistrements les plus authentiques, avec une locutrice\nnative (les R sont syst\u00e9matiquement roul\u00e9s) et une influence nulle de la langue\nstandard. De ce fait, la transcription est aussi plus ardue par moment. La\nlocutrice alterne entre imparfait, plus-que-parfait et pass\u00e9-compos\u00e9, mais\nn\u2019utilise pas le pr\u00e9t\u00e9rit, \u00e0 l\u2019instar des locuteurs natifs d\u2019aujourd\u2019hui. De\nm\u00eame, elle emploie volontiers des mots emprunt\u00e9s au fran\u00e7ais&nbsp;: atrapan,\nchavira\u00f1, kalmet, koma\u00f1set, momed. On remarque enfin une forme conjugu\u00e9e de \u00ab&nbsp;kaout&nbsp;\u00bb\nayant un morph\u00e8me d\u2019accord \u00e0 droite (\u00ab&nbsp;deus<strong>ont&nbsp;\u00bb<\/strong>, pour \u00ab&nbsp;o deus&nbsp;\u00bb en breton standard), forme\nnon accept\u00e9e dans la langue standard. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Auray\n<\/strong>:\nTrouz a oa etre an avel-viz hag an heol, an eil hag egile \u00e9 l\u00e2ret e oa ar\nc&rsquo;hre\u00f1va\u00f1 anezhe o-daou, pa welezant ur boiajour \u00e9 tostaat, roltet en e\nvantell. A-du emant savet o-daou aveit l\u00e2ret e vehe ar c&rsquo;hre\u00f1va\u00f1 an hani a zahe\nda benn a lakaat ar boiajour da denni\u00f1 e vantell. An avel-viz a grogas neuze da\nc&rsquo;hwezhi\u00f1 gwazh-dre-wazh, hag a-vuzul ma c&rsquo;hwezhe, e starde ar boiajour e\nvantell tro ha tro dezho\u00f1, hag, en achumand, an avel-viz ne glaskas ket mui er\nlakaat da denni\u00f1 e vantell. Neuze e krogas an heol da boki\u00f1 ha goude ur pennad\ne oa bet toemm d&rsquo;ar boiajour ha e\u00f1 a dennas e vantell. Setu penaos e anzavas an\navel-viz e oa an heol ar c&rsquo;hre\u00f1va\u00f1 anezhe o- daou.<\/p>\n\n\n\n<p>=&gt; Le\nlocuteur n\u2019est pas natif, cela s\u2019entend, n\u00e9anmoins son breton est tout \u00e0 fait\nauthentique. On sent une l\u00e9g\u00e8re influence du standard, par l\u2019utilisation du\npr\u00e9t\u00e9rit et du terme \u00ab&nbsp;grogas&nbsp;\u00bb plut\u00f4t que \u00ab&nbsp;koma\u00f1sas&nbsp;\u00bb, ce\nqui contraste avec la locutrice de Guern, bretonnante de naissance.&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Guern<\/strong>&nbsp;: An avel hag an heol a oe\ndoc&rsquo;h en em letaat. Pep unan anezhe a l\u00e2re e oe e\u00f1 an hani kre\u00f1va\u00f1. A-p&rsquo;o doe\ngwelet ur voaiajour \u00e9 tostaat, roltet ba&rsquo;n e vantell. Gi o deus savet a-du \u00e0r\nan dro penaos an hani a vehe bet arriv keta\u00f1 da lakat ar voajaiour da lemel e\nvantell, a vehe bet laket da bout an hani kre\u00f1va\u00f1. Neuze an avel en deus\nkoma\u00f1set c&rsquo;hwezhi\u00f1 par ma c&rsquo;helle. Mes seul mui muia\u00f1 ma c&rsquo;hwezhe, seul mui\nmuia\u00f1 e starde ar voaiajour e vantell en-dro dezho\u00f1. A&rsquo;n achimant, an avel en\ndeus skuizhet, ha en deus reno\u00f1siet a en lakat d&rsquo;he lemel. Neuze an heol en\ndeus en em laket da doemmet, ar voaiajour en deus bet re doemm, ha lamet e\nvantell. \u00c8l-se ema bet ret d&rsquo;an avel kousanti\u00f1 da l\u00e2ret e oe kre\u00f1voc&rsquo;h an heol\naveito\u00f1.<\/p>\n\n\n\n<p>=&gt;\nC\u2019est l\u2019autre enregistrement le plus authentique. La locutrice est bretonnante\nde naissance et alterne entre imparfait, plus-que-parfait et pass\u00e9-compos\u00e9\n(comme la locutrice native de l\u2019\u00cele de Sein). On remarque des emprunts au\nfran\u00e7ais&nbsp;comme \u00ab&nbsp;voaiajour&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;reno\u00f1siet&nbsp;\u00bb, ainsi\nque l\u2019emploi de \u00ab&nbsp;koma\u00f1set&nbsp;\u00bb au lieu de \u00ab&nbsp;kroget&nbsp;\u00bb. Il y a\ndes formes orales non accept\u00e9es par la langue standard comme \u00ab&nbsp;ba\u2019n&nbsp;\u00bb\nau lien de \u00ab&nbsp;en&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\nSaint<\/strong>&nbsp;:\nAn avel viz hag an heol &lsquo;n em chikane, pep hini o tifenn e oa e\u00f1v ar c&rsquo;hre\u00f1va\u00f1,\npa neuint gwelet ur beajour o tegouezha\u00f1, klozet en e vantell. En em glevet int\nda l\u00e2ret e vefe kemeret evit ar c&rsquo;hre\u00f1va\u00f1 an hini a errufe ar c&rsquo;henta\u00f1 da\nlakaat ar beajour da cheta\u00f1 e vantell. Neuzen eo kroget an avel-viz da c&rsquo;hweza\u00f1\npar ma c&rsquo;halle, mes ar muia\u00f1 a c&rsquo;hwezhe, ha muioc&rsquo;h en em gloze ar beajour en e\nvantell, hag a-benn ar fin, &lsquo;n neus ket gallet &lsquo;n avel viz lakaat anezha\u00f1 da\ncheta\u00f1 &lsquo;nezhi. Neuzen eo kroget an heol da lugerni\u00f1 hag a-benn ur pennad, daet\ntomm d&rsquo;ar beajour, en neus hema\u00f1 chetet e vantell. Chetu eo bet ret d&rsquo;an\navel-viz anzav e oa, eus an daou, an heol ar c&rsquo;hre\u00f1va\u00f1.<\/p>\n\n\n\n<p>=&gt; Breton tout \u00e0\nfait authentique, m\u00eame si le locuteur ne semble pas \u00eatre natif. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est une demande d\u2019un linguiste du Mus\u00e9e de l\u2019Homme qui m\u2019a fait me replonger dans l\u2019Atlas des langues r\u00e9gionales. Je m\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 pench\u00e9 sur l\u2019enregistrement de Lannuon dans un pr\u00e9c\u00e9dent article. Deux ans plus tard, cet enregistrement me parait toujours aussi probl\u00e9matique.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[59,61,60],"class_list":["post-311","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-en-em-sonjal","tag-atlas-sonore-des-langues-regionales","tag-locuteurs-natifs","tag-variation-dialectale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=311"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":316,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/311\/revisions\/316"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=311"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.brezhonegbrovear.bzh\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}